Epave (12-08)
Elle meurt sur le sable étendue sur le flanc, éventrée, lacérée, abattue par les vents,
épave dont personne ne se souvient du nom, oubliée, ignorée, couchée parmi les joncs.
Alizés, rugissants, elle a tout chevauché, bercée du rythme lent de la houle écumée,
le souvenir lointain des phares rassurants la laisse désarmée face au soleil couchant.
Ses voiles sont tombées, linceul du gisant que rien n'avait pu vaincre pas même les brisants,
et la nuit qui la couvre voit son espoir vain que la mer la rejoigne et l'emporte au lointain.

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